Les Transports en Commun à Echirolles

L’histoire des transports publics à Échirolles remonte à la seconde moitié du siècle dernier, lorsque des études sont lancées pour la construction d’un chemin de fer à vapeur reliant Grenoble à Veynes. La commune, que l’on retrouve sous le nom d’ÉCHIROLLEMENT —dans un rapport sur ces études, conservé aux Archives Départementales de l’Isère— ne bénéficiera pas d’une halte, la population de ses 12 hameaux étant trop faible. Il faudra donc continuer à se déplacer soit à cheval, soit à pieds ! Et c’est en 1876 qu’une voie ferrée unique est posée entre Grenoble et Vif, comportant 3 gares : Pont-de-Claix, Jarrie et Saint-Georges-de-Commiers. Deux ans plus tard, le Réseau PLM (Paris-Lyon-Méditerrannée) prolonge cet itinéraire jusqu’à Veynes.

Il faudra attendre jusqu’en 1897, le 17 avril, pour voir apparaître une ligne urbaine de transport de personnes et messageries à Échirolles. A cette époque, la population s’élève à 600 habitants. Les tenants et aboutissants de cette ligne appartenant à la SGTÉ (Société Grenobloise de Tramways Électriques) sont la place Vaucanson à Grenoble et après le croisement de la route de Saint-Paul-de-Varces à Varces. Sa longueur totale est de 12,4 km. Nouveauté suprème, ces tramways circulent à l’électricité… et non pas à la vapeur comme entre Grenoble et Vizille via Uriage ou Grenoble et Veurey, les deux seules autres lignes exploitées avec des engins mécaniques. Tous les Échirollois vont jusqu’au cours Saint-André admirer ces machines qui avancent sans fumée ni bruit, annonant la fin prochaine du crotin de cheval, répandu le long des 5 lignes de tramways hippomobiles de Grenoble la voisine ! Raffinement du modernisme, le compartiment-voyageurs est éclairé par 5 ampoules de 16 bougies chacune. L’effet est d’autant plus saisissant que la « fée lumière » n’a fait sa première apparition dans l’agglomération que 15 ans plus tôt, le 14 juillet 1882 à Grenoble, sous la forme d’une guirlande de 20 lampes tendue au-dessus de la place de la Constitution (actuellement place de Verdun). Plus éloquent encore, très rares sont les rues à cette époque éclairées avec des ampoules, et pour situer la portée de l’évènement qu’est l’arrivée de ces tramways électriques, il faut noter que le lycée de filles de Grenoble ne recevra cet équipement qu’en 1907, celui des garons et la gare PLM qu’en 1918 !

En novembre de la même année 1897, soit 7 mois après la mise en service de cette ligne Grenoble / Échirolles / Pont-de-Claix / Varces, un embranchement de 2 km est ouvert de Pont Rouge au centre du village de Claix, sur les contreforts du Vercors. En mars 1907 c’est un prolongement de 4 km qui est réalisé entre Varces et Vif. Enfin, Le bourg des Saillants du Gua sera atteint par les tramways SGTÉ en juin 1923, grace à une extension de 4 km de ce même itinéraire.

Peu avant la Première Guerre mondiale, la concurrence automobile commence à pointer son nez, ce qui gènera les tramways, paticulièrement sur la ligne traversant Échirolles. Des chiffres de 1914 (grenoblois, car ce sont malheureusement les seules données existantes) font état de 300 automobiles environ, une centaine de camions, une trentaine d’autocars… et il ne restait (déjà) plus que 231 voitures hippomobiles ! Le trafic auto augmentera sans cesse, obligeant plus tard, en juin 1938, la SGTÉ à abandonner ses bouts de lignes interurbaines, dont la section Pont-de-Claix / Les Saillants, aux autocars Grindler de Vif.

À la Libération, le tramway est tombé en discrédit : il a subi trop de restrictions pour un bon entretien, a beaucoup vieilli (le matériel date pour la plupart du début du siècle, hormis 11 motrices reconstruites dans les années 30 et l’achat de 8 autres dans les années 20). Il est aussi et surtout devenu le géneur pour le développement de la circulation automobile, promise à un bel avenir : les pouvoirs publics s’accordent pour demander sa suppression. Mais contre toute attente, la SGTÉ propose en 1947, dans une étude de modernisation de son réseau, le maintient des tramways sur 3 de ses 8 lignes, dont celle de Pont-de-Claix. Finalement, des trolleybus circulent, dès le 29 décembre de cette année 1947, entre la gare SNCF de Grenoble et Le Rondeau. Puis le 1er janvier 1949, parce que les pouvoirs publics et la population les considèrent comme gêneurs, les tramways cèdent la place à des autobus sur la ligne de Pont-de-Claix. La SGTÉ reprend à cette occasion ses dessertes sur Claix, Varces, Vif et Les Saillants… mais les cars Grindler auront le dernier mot, puisque le 1er août 1950 la SGTÉ s’arrêtera à Varces (situation identique avec l’actuelle SÉMITAG, même si depuis 2004 les lignes vers Saint-Paul-de-Varces et Vif et Les Saillants du Gua ont été intégrées dans le réseau TAG, mais toujours exploitées par Grindler).

Le 10 août 1953, la ligne d’autobus de Pont-de-Claix / Claix / Varces est numérotée comme toutes celles du réseau autobus : elle porte l’indice 8, qui est resté en vigueur jusqu’en 1998 (la ligne est ensuite devenue la ligne 1).

Des 2700 habitants à la Libération, Échirolles approche les 5000 personnes lorsqu’en octobre 1956 le futur quartier de La Commanderie est desservi par la ligne d’autobus n° 6 Grenoble / Beauvert / Le Rondeau, mise en service un an plus tôt.

Sans danger pour la population, une « opération atomique » a lieu à Grenoble, Échirolles et Saint-Martin-d’Hères en novembre 1958 : c’est du moins le nom qu’a choisi la SGTÉ pour annoncer officiellement l’éclatement de la ligne 6 en deux antennes : 6-A pour Grenoble / l’Abbaye et 6-B pour Grenoble / Beauvert / La Commanderie. En mai 1964 la 6-A devient la 6 et la 6-B la 13.

Lors de la rentrée scolaire 1966, quand la ville avoisine les 15 000 habitants, une branche de la ligne Beauvert / La Luire est créée, via le Rondeau, tandis que le Village-2 est desservi par l’antenne de La Commanderie.

Juste après les 10èmes Jeux Olympique d’Hiver de 1968, les bus à destination de La Commanderie font une boucle dans le nouveau Village Olympique, car les habitants emménagent depuis la fin avril.

Avec la rentrée scolaire 1969, l’antenne 13-La Luire traverse la nouvelle ZUP d’Échirolles (Villeneuve).

La clientèle des transports en commun se perdant dans la signalétique des 3 branches de la ligne Échirolloise au numéro unique 13, la SGTE adopte de nouveaux indices en septembre 1970 : 131 pour Village-2, 132 pour La Commanderie et 133 pour La Luire (un an plus tard, la ligne 133 sera absorbée par un prolongement de la ligne 15.

La Villeneuve d’Échirolles s’étend à l’arrière de l’hypermarché Carrefour : la demande en tranports urbains sur ce nouveau secteur est satisfaite à la rentrée 73 par le prolongement de certains services du trajet du bus 15 Village Olympique (ligne inaugurée en septembre 1968).

Août 1975 voit l’ouverture du centre commercial régional Grand’Place et simultanément de sa gare de transports en commun. Tout naturellement, les lignes 15 et 132 y font un détour pour prendre et déposer la clientèle.

En 1977, les Échirollois sont au nombre de 33 000. C’est au printemps 79 qu’a lieu la plus grande modification du réseau de transports publics sur notre commune. Appelée « Opération Secteur Sud », celle-ci consiste à prolonger la ligne de trolleybus n° 1 du Rondeau à La Luire (un véhicule sur deux continue à faire terminus au Rondeau) et à remanier les parcours des autobus 15, 131 et 132. Pour faire bonne mesure, ces deux derniers numéros sont changés : ils deviennent respectivement les 13 et 16 (toujours en application aujourd’hui).

Le recensement de 1982 fait ressortir la présence de 37 500 habitants sur la commune d’Échirolles.

Le fort développement du réseau, obtenu grace au travail opiniâtre du SMTC (Syndicat Mixte des Transports en Commun) conduit en mars 1985 à la création de la ligne « Super 8 », par ailleurs prolongée de 750 mètres de la mairie de Pont-de-Claix à Pont Rouge à Claix. Les autobus de dimensions normales sur la 8 entre Grenoble et Pont Rouge sont remplacés par des bus articulés, puis d’autres autobus, standards, prennent le relais en « navette » de Pont Rouge au centre de Claix ou Varces. Dans la foulée, le terminus partiel Le Rondeau de la ligne de trolleybus n° 1 est supprimé… et avec lui les véhicules qui s’y arrêtaient, soit les 2/3 des services.

Pour accélérer la progression des véhicules de la ligne 1 et de la Super 8, à la rentrée scolaire 1986 des mini-couloirs de bus sont tracés aux approches des carrefours d’Échirolles et de Pont-de-Claix. À Grenoble, où la circulation est plus problématique, ce sont des couloirs continus qui sont réalisés sur tout le cours Jean Jaurès et le cours de la Libération (jusqu’à la rue des Alliés).

La mise en service du premier itinéraire du tramway TAG au cours de l’été 1987 entraîne le raccourcissement de la ligne d’autobus articulés 15 Gare SNCF de Grenoble / Grand’Place / Échirolles / Le Canton, à hauteur de la gare de transports urbains de Grand’Place.

Un an plus tard, la ligne 15 est prolongée au sud de Pont-de-Claix des Tritons à la rue des 120 Toises, permettant la correspondance avec la ligne 8 sur la RN75.

Sur proposition de l’ADTC, en janvier 1989 la ligne 15 est jumelée, au niveau de la gare de Grand’Place, avec l’itinéraire en rocade n° 26, qui va en direction du Domaine Universitaire. Le numéro adopté est le 26.

En juillet 1990, après une période d’essai qui avait débuté en août 1989, le centre commercial de l’Espace Comboire est desservi par une branche de la ligne 13 – La Luire : en été 1 service sur 2 y va; en hiver c’est 1 service sur 3.

En janvier 1992 la ligne 13 Échirolles / La Luire ou Comboire est le 1er itinéraire autobus de la SÉMITAG à être amélioré selon un nouveau concept baptisé « Cité Bleue » : affectation de véhicules ultra-modernes aux couleurs du tramway, avec aménagements intérieurs plus attrayants, priorotés à certains carrefours, plus de bus en service.

La fréquentation des lignes de transports publics sur Échirolles ne cesse de croître, malgré un tassement de sa population, à environ 34 500 habitants (soit moins 9 % depuis 1982). C’est pourquoi est décidé le prolongement de la ligne de tramway A, de Grand’Place jusqu’à Auguste Delaune, via la Villeneuve et le nouveau centre-ville. Ce prolongement est inauguré le 9 mars 1996 et mis en service le 11.

Cette arrivée du tramway sur Échirolles est accompagnée d’une restructuration du réseau bus : deux lignes sont créées, la 11 qui joint Comboire au Carina à Saint-Martin-d’Hères en traversant Échirolles et Eybens d’ouest en est, et la 12 qui va de Grand’Place à Eybens via Échirolles (du nord au sud) et Bresson. Le parcours de la ligne 16 est modifié, ne passe plus par La Commanderie pour aller jusqu’à Eybens mais dessert l’avenue Victor Hugo à Échirolles, le nouveau centre-ville, le Village-2 et va faire terminus au Canton à Pont-de-Claix. La ligne 26 qui y allait auparavant est donc limitée à Grand’Place, puisque le tramway emprunte, sur Échirolles, le même trajet. Enfin, la ligne de trolleybus n° 1 est supprimée, puisque en partie remplacé par le nouvel itinéraire bus n° 11, la ligne 13 et le renforcement de la ligne d’autobus articulés n° 8 Trois Dauphins / Pont Riouge, via Échirolles. Six bus Heuliez GX 317 à plancher surbaissé sont mis en service sur la nouvelle ligne en rocade n° 11 (cette ligne sera prolongée en 1999 vers le campus)

L’avenir du développement des transports urbains à Échirolles se présente sous de bons auspices, puisque le 20 décembre 1997 le terminus du tramway Auguste Delaune est reporté à Denis Papin , pour atteindre le quartier du Village-2, où habitent 2500 personnes et y travaillent 750 autres.

À la rentrée 1998, la ligne 8 est de nouveau redynamisée. Des couloirs de bus sont tracés sur le cours Jean Jaurès (et le cours Saint-André à Pont-de-Claix), et la ligne bénéficie de la priorité aux feux. Les arrêts sont aménagés pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite, et 22 nouveaux autobus articulés à plancher bas (des Agora L) roulent sur la ligne, qui change de numéro et devient la ligne 1.

Le 3 décembre 1998, 4 lignes de soirée sont mises en service, appelées Noctibus. La ligne N1 prend le relais de la ligne 1 de 21h à minuit les jeudi vendredi et samedi, à raison d’un passage toutes les demi-heures.

Au printemps 2002, un couloir est aménagé à l’approche du centre commercial Comboire, avec un franchissement central du rond-point, protégé par des feux tricolores. L’accès au centre commercial est très embouteillé.

À la fin de l’été 2002, la ligne 13 commence à être équipée des premiers autobus au GNV de Grenoble.

Le 30 août 2004, une nouvelle gare est inaugurée dans l’agglomération, et elle est à Échirolles. Cette gare est située en correspondance avec la ligne A pour lequel une nouvelle station a été créée. La ville qui n’avait pas obtenu de gare sur la ligne de Veynes au XIXe siècle, a obtenu sa revanche sur la ligne de Chambéry.

Le 6 mars 2006, la ligne 12 change de parcours dans la Villeneuve d’Échirolles : elle dessert la gare, et la rue de Lorraine pour rejoindre Alpexpo. Le 3 avril 2006, la ligne 11 pousse un peu plus loin son terminus dans Comboire.

À la rentrée 2009, la ligne 12 est remplacée par la Navette Eybens-Échirolles Gare, qui abandonne le tracé entre la gare et Alpexpo et Les Poulardes par la rue de Lorraine. Cette navette deviendra… la ligne 43 à la rentrée 2010.

La rentrée 2011 correspond à la mise en place du concept LISE (Lignes Isère Express) du réseau départemental Transisère. Les lignes Express-2 (Vizille), 3000 (Bourg-d’Oisans), 4100 (Corps), 4101 (Gap) et 4110 (La Mure), qui passent par le cours Jean Jaurès, deviennent un peu plus visibles et peuvent être utilisées avec un titre de transport TAG dans la limite du périmètre de l’agglomération.

Recherches historiques de Standard 216 Histo Bus Grenoblois
septembre 2011

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