Chausson ANG

Autocars Huillier (reconstitution) — châssis n° 331.098

Chausson ANG à L'Écomusée

le Chausson ANG à l'Écomusée, avant sa récupération

Ce Chausson ANG, livré en 1957 aux transports Aubeleau Crouzat, basés à Brusque dans l’Aveyron, a longtemps roulé dans cette région.

Il a été sauvegardé par l’association Car Histo Bus, basée alors à Albi. Puis il a été conservé pendant de nombreuses années à l’Écomusée d’Alsace, à Ungersheim proche de Muhouse. Malheureusement, le projet de restauration de la collection de CHB ne put voir le jour, et Standard 216 entama les tractations pour récupérer cet autocar et l’amener en Dauphiné, rejoindre les autres véhicules Chausson que nous préservons. Nous avons ainsi toutes les productions de cette marque mythique.

Ce Chausson ANG est arrivé à l’HBD le 9 juillet 2010, et sa restauration est en cours. Il sera à terme mis aux couleurs des Autocars Huillier, à Villard-de-Lans, qui en a possédé 3 exemplaires.

Dans le département de l’Isère, des ANG ont également roulé sous les couleurs de la SATAD à Grenoble (4 exemplaires), de Grindler à Vif (1 exemplaires) et de Chaloin et Théry à Saint-Marcellin (1 exemplaire). Les VFD ont également possédé 3 Chausson ANH, tandis que Traffort en avait 1 à Nice et que Brun en possédait un exemplaire.

arrivée de l'ANG à l'HBD

l'ANG le jour de son arrivée à l'Histo Bus Dauphinois. Cette vue de profil montre la symétrie des faces avant (à gauche) et arrière (à droite)

La gamme AN de Chausson était promise au plus brillant avenir dans la catégorie des cars de grand tourisme. Conçu dès 1954 par le bureau d’études du constructeur, il était non seulement le car que personne n’avait imaginé auparavant mais aussi celui qui serait capable de s’imposer sous tous les cieux et continents, selon ses concepteurs.
Pour séduire la clientèle de tous pays, il avait même été prévu pour être livré en pièces détachées à assembler comme un « meccano », avec conduite indifférente à gauche ou à droite.

Côté « design », l’AN s’inspire du style américain de l’époque mais avec quelques innovations notables : faces arrière et avant identiques, portes pneumatiques louvoyantes, grands coffres latéraux.

Les premiers clients restent d’un avis partagé : la version initiale, l’ANH, souffre de défauts de jeunesse importants, une visibilité vers l’avant médiocre due à la présence de deux petits pare-brise séparés par un montant central très gênant pour la conduite et surtout des ennuis mécaniques récurrents : motorisation trop faible, mauvais refroidissement, entre autres. Quelque 182 ANH seulement seront produits en deux ans malgré une opération médiatique importante, un voyage jusqu’aux Indes, par la route et sans le moindre incident, à travers montagnes et déserts du Moyen-Orient.

chargement de l'ANG sur porte-char

chargement de l'ANG sur porte-char pour son transfert à l'HBD

Chausson réagit très vite, comme à son habitude, devant le concert des critiques. L’AN repasse sur sa planche à dessin et il est proposé, dès 1957, dans une nouvelle version : l’ANG. Les petits pare-brise cèdent la place à un seul élément panoramique sans montant central, le volume des coffres est encore amélioré et surtout, la mécanique prend du muscle : un moteur Hispano-Suiza, couché sous le plancher, de 150 ch, bien dimensionné mais qui reste quelque peu délicat. Il s’agit, en fait, de la version mise à l’horizontale du moteur Hercules vertical de six cylindres, une véritable « usine à gaz », diront les spécialistes !

La clientèle, échaudée par la première version, reste attentiste ; il faut dire que son grand frère, l’APH Chausson, malgré son moteur placé à l’avant, conserve ses partisans et caracole en tête du marché, y compris à l’étranger. Les ventes de l’ANG démarrent tout de même. Il faut dire que son « look » original et élégant ne passe pas inaperçu. L’ANG collectionne les prix au concours du car à Nice. Les choses, semblaient bien engagées, sans un événement capital survenu en 1959 : Chausson cède son activité « cars » à la Saviem. La nouvelle gamme issue du rapprochement des deux marques retient, pour le remplacer, le SC-1 d’origine Renault, moins innovant mais réputé pour sa robustesse.

L’AN ne disparaît pas complètement ! En 1960, il renait de mes cendres sous la forme d’un nouveau car Saviem-Chausson, le SC-5 de 36 places, qui reprend beaucoup d’éléments de sa carrosserie mais avec un moteur placé à l’avant.

Pour conclure, on peut dire que l’histoire lui aura tout de même donné raison. Le SC-1 et le E-7 de Saviem disposeront d’une face avant et arrière identiques ; même Berliet, avec son modèle PH, adoptera une disposition semblable. Mercedes, avec le O 302, offrira de grands coffres latéraux et des portes louvoyantes, non pliantes. Sans oublier Setra …

L’ANG a été fabriqué à 290 exemplaires. Les usines Chausson auront produit en tout 472 exemplaires des modèles ANH, ANG et ANS (une version dépouillée de l’ANG) entre 1953 et 1959, contre près de 13 000 AP (Chausson à moustaches).

dimensions10,00 m x 2,50 m
poids à vide
poids en charge
moteurHispano-Suiza 102 H à 6 cylindres de 150 ch, disposé horizontalement
boite de vitesseRenondin
capacité45 assises

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