Chausson APH-1

n° 184 SGTE (reconstitution) — châssis n° 305.462

APH-1 n° 184 SGTE

le 184 dans la cour de l'HBD, devant le Moucherotte qui dominue Grenoble

Un couple d’habitants du Muy (dans le département du Var) ne pouvait plus préserver sous abri son autobus Chausson APH-1, datant de novembre 1948, qu’il avait transformé en camping-car. M. et Mme Hénault ont eu la gentillesse de nous offrir son bus contre la promesse de le préserver et de le restaurer. Nous avons évidemment accepté.

C’est ainsi que le 18 mai 2005 cet autobus arriva en terres Dauphinoises, non pas sur l’agglomération Grenobloise comme on aurait pû le penser, mais à Marcilloles sous la remise construite par Antoine, bien à l’abri, à côté d’un autre Chausson, plus jeune que lui puisque Saviem SC-4, ayant appartenu à la Régie Départementale des VFD (n° 118) propriété d’Antoine et restauré par lui-même. C’est ici que l’APH-1 allait passer les 20 prochains mois pour être restauré. Il a ensuite pris la route et rejoint l’Histo Bus Dauphinois le 16 février 2007.

Ce Chausson APH-1 a été acheté et mis en service en 1948 par un autocariste du bassin d’Arcachon, en Gironde. Une petite énigme s’est d’ailleurs faite jour : le numéro d’immatriculation noté sur le procès-verbal de réception du véhicule est le « 3266 Q 33 », alors que sur la carte grise c’est la lettre « P » qui est inscrite à la place de la lettre « Q », soit : « 3266 P 33 ». Ensuite, le 4 avril 1961 il fut racheté par M. et Mme Hénault, afin de l’aménager en camping-car de grandes dimensions. En mars 1980, le véhicule fut réimmatriculé dans le Var sous le numéro « 928 SC 83 ».

APH-1 à Marcilloles

l'APH-1 le jour de son arrivée à Marcilloles, le 18 mai 2005

L’autobus a été entièrement restauré aux couleurs de la SGTÉ, avec le numéro de parc 184. Il représente ainsi une série de 4 véhicules construits fin 1948 pour la SGTÉ (numéros de parc 183 à 186), qui les mit en service le 1 janvier 1949 sur la ligne du Pont-de-Claix, en remplacement des tramways. Ces véhicules avaient la particularité d’avoir comme numéro de parc SGTÉ le nombre de l’immatriculation (exemple: 183 = 183 HK 9. Le « 38 » pour l’Isère ne remplacera le « HK » que le 1er mars 1950).Un cinquième véhicule fut racheté d’occasion en 1951 à la SATAD-Grenoble, et a pris le numéro de parc 182. Les APH-1 ont ensuite circulé jusqu’en 1962 sur toutes les lignes du réseau SGTÉ.

Tout simplement révolutionnaire

En 1945, date de sa sortie, le modèle APH-1 a créé une énorme surprise : le nom Chausson était inconnu du grand public et sa construction n’avait plus rien à voir avec ce qui se faisait à l’époque. Traditionnellement, le car était l’affaire de carrossiers qui habillaient, à la demande, des châssis de camions choisis par leurs clients. La capacité moyenne ne dépassait guère les 35 places assises et le bois constituait encore un matériau courant.

scène d'époque à l'intérieur de l'APH-1 n° 185

scène d'époque à l'intérieur de l'APH-1 n° 185

Il offrait une capacité de 45 voire 55 places assises sur une caisse-poutre entièrement métallique constituée de tôles embouties à la presse et soudées par points électriques. C’est la même technique qui est encore utilisée de nos jours par les constructeurs d’automobiles : suppression du châssis, les organes mécaniques, pont arrière, essieu avant, moteur et boîte de vitesses, sont directement fixés sur la structure. Il dispose d’une cabine avancée, de portes commandées par air comprimé, d’une direction et de freins assistés eux aussi. L’APH-1 avait une grande longueur d’avance sur les autres.

Construit en série comme les voitures, il fut à l’époque l’un des principaux artisans de la disparition des vieux réseaux de tramways de nos villes. Malgré le sobriquet de « Nez de Cochon » à cause du petit capot qui orne sa face avant, il va circuler partout en France et à l’étranger, jusqu’en Pologne.

Son moteur est le fameux Panhard 4HL de 85 ch, increvable. La faible hauteur du pavillon  pouvait être un handicap en milieu urbain. La garde au sol très élevée ne rendait pas non plus pratique l’accès. Mais n’oublions pas que nous sortions de la seconde guerre mondiale et les clients qui retrouvaient la liberté de mouvement n’étaient pas aussi regardants que de nos jours.

En 1950, L’APH-1 cède la place à un autre « Nez de Cochon », l’AP-48, qui corrigeait la plupart de ces défauts.

vue arrière de l'APH-1 n° 184

vue arrière de l'APH-1 n° 184 SGTÉ

dimensions10,17 m x 2,50 m
poids à vide6,20 à 6,92 t
poids en charge12,0 t
moteurPanhard 4 HL à 4 cylindres de 100 ch
boite de vitesseRenondin RL à 4 rapports
capacité45 assises + 0 debout

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